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LA LEGION ETRANGERE , SON HISTOIRE , SES TRADITIONS ET SES AMICALES
 
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 Les étrangers au service de la France

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Masculin DATE D' INSCRIPTION : 29/11/2011

MessageSujet: Les étrangers au service de la France   Jeu 12 Jan - 11:06:46


La
légion étrangère que nous connaissons aujourd’hui, date de
Louis-Philippe. Mais déjà au temps de l’ancienne monarchie, des
contingents étrangers avaient été incorporés à l’armée française, pour
une même servitude et une même grandeur militaire.

Philippe-Auguste
fut le premier de nos rois à employer régulièrement des étrangers dans
ses grandes expéditions militaires. Il fut aussi le premier à plier ces «
routiers » à une discipline jusqu’alors inconnue dans les armées
féodales. Les « Grandes Compagnies », qui remplirent de leurs exploits
et de leur tumulte la guerre de cent ans et évoquent la figure de
Duguesclin, troupe difficile à mener et dont les émules et successeurs
ne disparaitront pas avant la fin du Xve siècle, montrèrent un ordre
plus relevé que celui de leurs devanciers, les routiers. Ces formations
étaient composées de Français, mais surtout d’étrangers : Flamands,
Hollandais, Castillans, Gallois, Bretons, Gascons et Savoyards. Leurs
chefs étaient issus de la noblesse et parmi eux figurèrent des sires de
Beaumanoir et des Rohan. La Hire et Xaintrailles, immortalisés sous
Charles VII à la suite de la bannière de Jeanne, furent eux aussi des
chefs de bandes.

Il faut attendre le règne de ce roi pour voir
s’organiser véritablement en France une armée permanente. Des écossais
étant venus combattre l’Anglais aux côtés du roi de France, le souverain
les constitua en compagnies chargées de sa garde personnelle. En 1439, à
l’apparition des « Compagnies d’ordonnance » créées par Charles VII au
nombre de quinze, deux étaient écossaises et subsisteront jusqu’à la
révolution.

Depuis ce temps, l’histoire de la « Compagnie
Ecossaise des Gardes du Corps du Roi » se confondra avec celle même de
l’ancienne monarchie française. Alors qu’au XVIIIe siècle, ce corps,
modèle de fidélité, n’avait plus d’écossais que le nom, tous les
éléments le composant étant peu à peu devenus français, tandis que les
autres troupes de la maison du roi répondaient « présent » aux appels,
les gardes écossais répondaient toujours en langue écossaise « hamir »,
mot corrompu et abrégé de « hay hamir » (I am here) qu’ils prononçaient
alors, signifiant « me voici », et mieux encore : « Je suis prêt à
mourir pour mon serment ».

Ce fut surtout à l’époque des guerres
d’Italie, à partir de Louis XII que, sous la forme de troupes légères à
cheval, élément alors tout à fait nouveau, les étrangers entrèrent dans
les rangs de l’armée française. C’étaient des gens des Balkans,
Albanais, Grecs ou même Turcs, tous des guerriers - dit Brantôme - ayant
coutume « de porter la teste de leurs ennemis à l’arçon de leur selle
». La cavalerie demeurait cependant l’arme française par excellence et
ne perdra cet apanage qu’à la guerre de trente ans.

Sous François
Ier, les mercenaires étrangers formaient la plus grande partie de
l’infanterie. Sur 26 000 combattants, l’armée de Marignan comptera 16
000 étrangers : Suisses, Allemands, Savoisiens, Liégeois ou Piémontais.

Dans
ces pages consacrées à l’origine de notre Légion Etrangère, les Suisses
méritent une place à part en raison de l’ancienneté, de l’importance et
de la durée de leurs services. Louis XI se tourna vers cette nation
pour l’aider dans sa lutte contre Charles le Téméraire. Par les
capitulations, véritables traités d’alliance, les cantons suisses
s’engageaient à fournir au roi de France, un contingent d’hommes
déterminé, moyennant une redevance pour les états confédérés et une
solde pour les soldats. Ces capitulations furent renouvelées par les
successeurs de louis XI et, jusqu’aux derniers jours de la monarchie,
les Suisses au service de la France, conservèrent leur caractère
particulier. Infanterie expérimentée, aussi brave que fidèle, cette
troupe partagera les garnisons, les marches, les campagnes, les fastes
de notre armée, victoires ou revers. Aux champs funestes de Rossbach, en
1757, voyant leur ligne d’habits rouges couvrir notre retraite,
inébranlables sous le feu, Frédéric II, manifestant son admiration,
n’a-t-il pas dit : « Quel est ce mur de briques que mes canons ne
peuvent entamer ? ». A quoi on lui répondit : « Sire, ce sont les
Suisses ».

En 1791, l’armée française comprenait environ 14 000
Suisses, uniquement troupe d’infanterie dont 11 régiments de ligne, le
régiment des Gardes Suisses, la compagnie des Cent-Suisses et la
compagnie de la garde ordinaire du comte d’Artois. Défenseurs du trône
de nos rois, les gardes suisses sauvèrent Charles IX à Meaux en 1567, et
dans la terrible journée du 10 août 1792, ils donnèrent l’exemple du
plus sublime dévouement.

Ce furent les drapeaux des régiments
suisses au service de la France qui arborèrent les premiers la devise «
Fidelitate et Honore ». Traduite en français, elle resplendit toujours
en lettre d’or sur les drapeaux et étendards de nos régiments étrangers
actuels, et c’est aussi sous cette formule que tout légionnaire signe
son acte d’engagement.

Pendant les guerres de religion,
des Espagnols servirent dans nos rangs et, dans nos troupes à cheval, la
proportion des éléments étrangers était plus forte que celle des
escadrons français. Venus d’Allemagne, des reîtres en armure noire
suivront le panache blanc d’Henri IV « dans le chemin de l’honneur ».
Pour assurer le succès de sa lutte contre la maison d’Autriche,
Richelieu renforcera plus encore notre armée en corps composés
d’étrangers. Le duc Bernard de Saxe-Weimar lui fournira un contingent de
16 vieux régiments de cavalerie allemande ; en 1639, ils compteront
définitivement dans l’ordre de bataille de l’armée française. « Il y
avait de tout parmi les Weimariens – rapporte le général Susane – des
Lorrains, des Ecossais, des Suisses, des Polonais et des soldats venant
des Pays-Bas aussi bien que de l’Allemagne ». A cette époque, les
troupes du roi, infanterie et cavalerie, se composaient d’une moitié
d’étrangers et il faudra attendre Louvois pour que cet apport étranger
diminue dans de notables proportions. A la fin du siècle du Grand Roi,
l’effectif de notre armée n’atteindra qu’un sixième de nos contingents.
Parmi ceux-ci, l’Espagne, l’Italie en fourniront, et l’Angleterre
elle-même enverra des troupes au roi de France. L’attirance de notre
pays fut telle à ce moment que Churchill, le futur duc de Malborough,
ainsi que le prince Eugène de Savoie, offrirent leurs services à Louis
XIV.

De nombreux maréchaux recevant le bâton « fleurdelysé » des
mains du roi, sortiront de ces troupes étrangères venues combattre à nos
côtés : les deux Trivulce, le prince de Melphes, Pierre Strozzi «
l’homme du monde qui arrangeait le mieux les batailles », les Broglie,
les d’Ornano, Schomberg un comte allemand, Rosen et Asfeld des Suédois,
Rantzau et Lowendal des Danois, Bercheny un Hongrois. A la
Grande-Bretagne, nous devons Robert Stuart et Berwick, fils d’un roi,
dont Villars enviait le trépas au champ d’honneur. Maurice de Saxe, le
vainqueur de Fontenoy, était aussi de sang royal. Nous nous garderons
d’oublier, sous l’empire, Poniatowski, le héros polonais, et enfin le
dernier, le prince de Hohenlohe-Bartenstein, qui n’est autre que le
colonel supérieur de la Légion de Hohenlohe, la souche de notre actuelle
Légion Etrangère.

A la veille de la révolution, sur près de 150
000 hommes composant l’armée royale, 40 000 étaient étrangers et
répartis en régiments suisses, allemands, irlandais ou liégeois pour
l’infanterie, et allemands, suédois ou hongrois pour la cavalerie. Cette
répartition n’était du reste exacte que pour la dénomination ; en
effet, plusieurs régiments allemands et certains régiments suisses
étaient recrutés en Alsace et en Lorraine, et de nombreux Français
figuraient dans des régiments irlandais et liégeois.

Les
régiments étrangers des rois de France disparus, les mots « Légion
étrangère » seront prononcés en 1792, un décret décidant l’organisation
d’une « légion franche étrangère » dans laquelle ne seront admis que des
étrangers. Cette mesure entrainera la création d’une foule de
formations portant les noms les plus variés, comme les plus surprenants
et, ce qui ne peut étonner, de valeurs fortes inégales. Puis, renouant
avec l’ancienne tradition, la France reprendra des Suisses à sa solde,
et bientôt des Polonais. Sous l’empire, soit qu’ils se donnèrent
volontairement à elle, soit qu’ils subirent les conséquences de nos
conquêtes, les contingents étrangers vinrent grossir démesurément les
rangs de la Grande Armée. Celle-ci en comptera une masse considérable,
comme il n’en fut jamais, l’Europe presque entière s’y trouvait
représentée. Après les campagnes de 1812 et de 1813, il ne restera de
ces troupes que les Italiens, les Suisses et les Polonais. Ceux-ci
furent les champions de la première comme de la dernière heure de
l’épopée napoléonienne avec l’escadron de chevau-légers de l’île d’Elbe,
immortalisé par le poême « Wiarus napoleonski » (« Le grognard
napoléonien »), hymne de fidélité dédié à Napoléon : « Sire ! Dieu voit
que je ne mens pas, Cent mille hommes se lèveront encore, Faites
seulement un appel aux armes et il ne manquera pas d’hommes en Pologne !
».

Au but tactique appelant dans nos armées des troupes
étrangères, se mêlera souvent l’originalité : les hussards hongrois
venus à la fin du règne de Louis XIV, rejoindront en pittoresque les
mameluks d’Egypte entrés cent ans plus tard dans la garde du consul puis
de l’empereur. Etonnante vision donnée aux Parisiens et à l’Europe de
ces orientaux, en un éblouissement de couleurs, défilant à la diable sur
leurs montures frémissantes.

Pendant tout l’Empire, nos alliés
allemands exaltèrent les sentiments de napoléonisme et s’en firent une
gloire ; pour eux, l’étoile de la Légion d’Honneur était presque devenue
la plus enviée et la suprême récompense. Après la chute de Napoléon,
les titulaires continuèrent à la porter auprès des médailles gagnées
pendant les campagnes finales contre les Français. Les troupes badoises
furent celles qui, parmi nos alliés allemands, assimilèrent le plus
rapidement l’esprit combatif des troupes françaises, se montrèrent les
plus mordantes et les plus résolues. Ville pacifique s’il en fut, où la
bourgeoisie avait été de tout temps exempte de services militaires,
Francfort peut être prise comme exemple d’une petite principauté
allemande ayant fourni à Napoléon un contingent qui, de 1806 à 1813, en
Prusse, en Espagne, en Russie, combattra côte à côte avec nos troupes,
se battant comme elles, pensant et sentant comme elles. Et ceci au point
que, franchissant en 1813 la frontière d’Espagne en France, les soldats
francfortois semblaient retrouver le sol natal : « Le napoléonisme,
constatait non sans regret l’historien francfortois Bernays, avait
pénétré en maître dans l’âme des soldats allemands. Leur cœur était
comme enchaîné dans son cercle magique ». Les grands souvenirs des
campagnes faites sous les Aigles françaises demeurèrent gravés dans les
mémoires de ces étrangers avec les noms d’Austerlitz, Iéna, Friedland,
Wagram, Lutzen, Montmirail, et aussi Waterloo. Ils seront matérialisés
par le portrait de l’empereur accroché au mur dans beaucoup de maisons
de l’Allemagne occidentale, auprès parfois de la médaille de
Sainte-Hélène. Etendue et demeurée vivace bien au-delà du Rhin, la
légende napoléonienne vit éclore de nombreux écrits évoquant la Grande
armée et le rôle qu’y tinrent les contingents allemands.

Dans le
“liederbuch für die Veteranen der Grossen Napoleonarmee von 1803 bis
1814″, publié à Mayence en 1837 par Niklas Müller, on peut lire : « Le
guerrier qui a suivi Napoléon sous tous les climats de l’univers, le
guerrier qui a combattu sous ses ordres en tant de royaumes, qui a tant
de fois pris sa part de la gloire et du triomphe, qui a mené cette vie
tourmentée, pleine de privations, de souffrances, de fatigues et de
dangers mortels, ne peut pas, ne doit pas oublier son grand général ».

Sous
la première restauration, les Bourbons ne conserveront que les Suisses,
en souvenir des fidèles services rendus par eux à la France durant
quatre siècles, et avec eux quatre régiments étrangers dont un colonial,
formé d’Espagnols et de Portugais à qui leur pays était fermé. Enfin,
les huit régiments étrangers réorganisés par Napoléon aux cent-jours
formeront en 1815 la « Légion Royale Etrangère » qui devint la « Légion
de Hohenlohe », puis en 1821 le régiment de Hohenlohe. Licencié en 1830,
ce dernier contribuera à former le 21e Léger et ensuite la Légion
Etrangère. Les régiments suisses de la Restauration disparaîtront en
1830, mais les Suisses revivront encore dans l’armée française de 1855 à
1859 sous les dénominations successives de « Deuxième Légion Etrangère »
et de « 1er Régiment Etranger ».

La grande aventure de
la Légion a commencé un jour de mars 1831. Œuvre toute française due au
roi Louis-Philippe, l’institution de la Légion Etrangère fait l’honneur à
la France. Unique dans le monde entier, une société d’un caractère
exceptionnel, un ordre militaire laïc a grandi ainsi à l’ombre de notre
drapeau.

Partout présente où la France se bat, la Légion
étrangère est de même toujours prête aux tâches pacifiques. Pratiquant
par le culte de l’honneur et le sens de la fidélité toutes les vertus
militaires, guidée par de solides traditions, elle donne à tous, là où
elle parait, une impression réconfortante de puissance. Aussi a-t-elle
conquis une place de choix dans notre armée, celle accordée au
dévouement sans limite, au sacrifice absolu à tout instant consenti.

A
Sidi-Bel-Abbès, sanctuaire de la Légion, quatre légionnaires de bronze
veillent autour du monument élevé à la mémoire de tous leurs camarades
morts au combat dans toutes les parties du monde, de tous ceux qui dans
le respect de la parole donnée, sont devenus « Fils de France », « non
par le sang reçu mais par le sang versé ».

D’après un article paru en octobre 1959 dans la revue « Miroir de l’histoire ».

Depuis la parution de l’article dans cette revue, le monument a été démonté le 29 septembre 1962, pour être rapatrié à Aubagne.

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MessageSujet: coucou de marseille   Jeu 12 Jan - 12:33:33

bonjour et merci de ses renseignements
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CHRISTIAN CLAISE
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DATE DE NAISSANCE : 08/09/1954
Masculin DATE D' INSCRIPTION : 13/11/2011

MessageSujet: Re: Les étrangers au service de la France   Jeu 12 Jan - 13:28:04

Vraiment, très intéressant.



Ce furent les drapeaux des régiments
suisses au service de la France qui arborèrent les premiers la devise "
Fidelitate et Honore ". Traduite en français, elle resplendit toujours
en lettre d’or sur les drapeaux et étendards de nos régiments étrangers
actuels, et c’est aussi sous cette formule que tout légionnaire signe
son acte d’engagement.


En 1791, l’armée française comprenait environ 14 000
Suisses, uniquement troupe d’infanterie dont 11 régiments de ligne, le
régiment des Gardes Suisses, la compagnie des Cent-Suisses et la
compagnie de la garde ordinaire du comte d’Artois.



OUI, mais il est vrais qu' aujourd'hui; il n'y a pas beaucoup de SUISSE dans notre LEGION.

J' en ai connu qu'un seul " LUNDE"
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MessageSujet: Re: Les étrangers au service de la France   

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